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  • joyogaflow

Comment je me suis (re)trouvée...

Mis à jour : 22 sept. 2018

sur une plage abandonnée...

Voilà comment tout a commencé…


Après un rituel Bac+5 et plus de dix ans d’expérience de juriste, le burn-out a pointé le bout de son nez emportant au passage un mariage et tout ce que j’avais construit.


En moins d’un an j’ai, dans l’ordre, mis à jour le harcèlement moral dont j’étais victime, me suis fait retirer une tumeur, me suis mariée avec le père de mes enfants après 11 ans de vie commune, me suis séparée du père de mes enfants après 11 ans de vie commune, ai déménagé (2 fois), fait une grave dépression et perdu 8 kgs, et me suis fait licencier!

Bref Katrina, Hiroshima, et plein de choses en “a” dans le même temps et pour mon plus grand plaisir, qui m’ont laissée à terre et désorientée.


J’étais comme nue avec toute une vie à réinventer, un être, une personne (moi) à retrouver ou tout simplement à trouver. C’est là l’épreuve la plus difficile à surmonter je pense - je cherche encore, c’est une quête sans fin.


Ne sachant littéralement pas quoi faire de ma peau j’ai commencé à me demander quelles étaient les choses que j’avais envie de faire, et voyant même à plus long terme j’ai dressé, bien naïvement je l’avoue, ma “bucket list”. Vous savez c’est cette fameuse liste regroupant toutes les choses qu’on rêve de faire avant de dire bye bye, elle est souvent très similaire à celle qui suit cette magnifique phrase “ Si je gagnais au loto,...”.


Là où j’ai été maligne (oui je sais les fleurs sont gratuites), c’est que j’y ai ajouté des petites activités que je voulais essayer depuis longtemps mais que souvent faute de temps - excuse récurrente et bien pourrie - , je repoussais à l’âge de la retraite. Parmi elles il y avait “fabriquer mes propres bijoux en perles”, et pour résumer c’est devenu bien plus qu’un passe-temps et m’a ouvert un champ des possibles insoupçonnable! mais promis je vous expliquerai tout ça plus tard (même si vous ne voulez rien savoir d’ailleurs).


Tout en haut de ma bucket list, et bien avant tous les pays et les endroits où je rêvais d’aller, il y avait écrit tout simplement “apprendre à surfer”. Ca n’a l'air de rien mais j’ai toujours pensé que cela était réservé à une bande de joyeux compères décolorés par le soleil et l’eau salée, dieux et déesses aux corps parfaits pour lesquels l’océan n’avait pas de secret, ayant leur langage, leurs habitudes, leur “pouvoir”, bref une vraie tribu tout droit sortie de “Point Break”. Il est vrai que l’abus de ce chef d’oeuvre cinématographique et du “Grand Bleu” ont fait de moi, et je ne crois pas être un cas isolé, une vraie rêveuse/amoureuse des mers, bref une empotée!


La vie m’ayant fait redescendre sur terre de façon plus que brutale, je n’avais d’autre choix que de m’atteler à la réalisation de ce projet et je ne remercierai jamais assez Patrick Swayze (RIP honey) car c’était au final facilement réalisable, du moins d’apprendre!


Je ne serai jamais une grande surfeuse devant l’éternel, mais le surf m’a ouvert à tout un monde de nouvelles sensations, des plus agréables comme sentir la vague qui te pousse aux moins sympathiques comme celle d’être engoncée dans ta combi néoprène encore mouillée de la veille! Le surf m’a également confirmé que le ridicule ne tue pas et que même ayant une touch de vieux col vert détrempé tu peux t’amuser, t’oublier et qu’après tout le plus important c’est comment on se sent, ce que l’on ressent et non pas ce à quoi on ressemble.


C'est une liberté de l'intérieur.


Cette liberté je la ressens lorsque je pratique le yoga.

Il s’est imposé à moi ou plutôt je me suis imposée grâce à lui. Cette pratique n’était pas dans ma bucket list, je n’y avais jamais songé et je ne voyais dans ces “adeptes” qu’une tribu (encore une!) de mangeurs de graines appliquant des préceptes étrangers à leur culture, se donnant plus ou moins un genre en s’inscrivant dans une tendance et un effet de mode.


C’est ce qu’il y a de bien avec la dépression, tu te sens si désoeuvrée que tu es prêt à tout essayer et finalement c’est peut être une des meilleures choses qui me soit arrivée. Elle m’a permis de m’ouvrir à l’inconnu et de faire fi de mes a priori.


Le yoga m’est tombé dessus alors que je m’étais inscrite à une course à pied, course qui était précédée d’une master class de yoga - la Roxy fitness pour la nommer. Cela a été, contre toute attente et alors que ma mère me parlait de ses bienfaits depuis longtemps, une révélation. J’ai pris ma première leçon (et quelle leçon!) ce jour là et je ne me suis jamais arrêtée jusqu’à aujourd’hui où je m’apprête à suivre une formation pour, à mon tour, l’enseigner.


Le yoga m’a permis de redécouvrir mon corps et de m’ouvrir à une spiritualité qui me plait de faire mienne, quelque chose de très intérieur et qui n’appartient qu’à moi. Grâce à lui, j’apprends à me faire du bien, à ma place et à profiter du moment présent. Je suis alignée.



Voilà donc comment je me retrouve sur une plage, plus ou moins abandonnée, m’adonnant à ma pratique, à mon rythme. Les évènements de la vie m’ont fait sortir du système “boulot-métro-dodo”, j’en ai payé le prix fort, mais ils m’ont montré aussi que je pouvais m’en inventer un, à moi, et qui sait peut-être fonder ma propre tribu?!





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